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Isa Pereira



Chanteuse cap-verdienne de charme, sa voix dégage un sentiment profond et créatif qui présente de manière audacieuse la musique traditionnelle du Cap-Vert.

L'édition 2012


Mali & France - Sur scène le 13 avr 2012

À la kora ou au violoncelle, une même envie de partager tout leur vaste savoir et d’échanger sans compter.
Dès les premières mesures de leur disque Chamber Music, cela sonne comme une évidence : Ballaké Sissoko et Vincent Segal s’écoutent, cela s’entend.



Entre la kora et le violoncelle, deux vénérables instruments "classiques" qui furent au service du prince avant de partir à la conquête du monde, il existe pourtant un fossé d’a priori… que Ballaké Sissoko et Vincent Segal se chargent de combler pour tirer des points de connivence.

Il y a chez l’un comme chez l’autre le même souci de la note juste, le même esprit d’aventure, la même économie d’effets, la même envie de partager et d’échanger sans compter tout leur vaste savoir.

Il suffisait simplement que leurs regards se croisent pour que leurs doigtés se mêlent avec naturel.



Après de longues heures passées à répéter en toute intimité dans le studio parisien de Vincent Segal, après deux concerts éminemment symboliques (un festival de musiques à Libreville, puis un récital à l’Opéra de Lyon), ils ont décidé de graver dans la mémoire numérique cette rencontre aussi "durable" qu’éphémère.



Qui est Ballaké Sissoko ?

En Afrique, bien des instruments de musique sont menacés au même titre que tant d’espèces animales ou végétales. Ce n’est pas le cas sur l’immense territoire de l’ancien empire mandingue, qui englobe la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali et de vastes régions du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

Grâce aux griots, cette caste de chanteurs, de conteurs et de musiciens qu’on appelle là-bas les « djeli », les instruments mandingues vivent une vraie renaissance. Entre autres, les luths et harpes ancestrales résistent magnifiquement à la concurrence de la guitare…

Un héritier autodidacte

Parmi ces harpes, la plus célèbre est la « kora », harpe en calebasse à chevalet et à 21 cordes : « sept pour le passé, sept pour le présent, sept pour le futur », dit la légende.

Ballaké Sissoko a résolument choisi le futur, comme son ami et cousin Toumani Diabaté. Tous deux appartiennent à de fameuses familles de « djeli » (griots) installées au Mali mais originaires de Gambie.

Si la Guinée-Bissau est considérée comme le berceau de la kora, la Gambie est depuis un siècle le vivier où se sont épanouis ses plus grands virtuoses.

Ballaké et Toumani sont les fils de deux géants de la kora, Djelimady Sissoko et Sidiki Diabaté, qui participèrent en 1971 au disque le plus célèbre de l’histoire de cet instrument : « Cordes Anciennes ».

Djelimady et Sidiki étaient deux piliers du prestigieux Ensemble Instrumental du Mali dirigé par le grand Keletigui Diabaté, dont le fils Fassély est l’inamovible partenaire de Ballaké au balafon…

Curieusement, malgré son « pedigree », Ballaké est avant tout un autodidacte : "Des deux côtés paternel et maternel, la kora a toujours été l’instrument familial, mais mon père ne voulait pas que je sois musicien. Comme je suis l’aîné des garçons parmi une trentaine d’enfants, il préférait que je sois avocat ou fonctionnaire. J’ai appris à jouer en cachette pendant que mon père partait aux répétitions, j’avais dérobé la clef de sa chambre où il planquait ses koras… A sa mort en 1981 je n’avais que 13 ans, mais j’ai pris sa relève…"

En 1999, Ballaké et Toumani ont à leur tour gravé ensemble « Nouvelles Cordes Anciennes » (Hannibal-Ryko / harmonia mundi), disque qui les a imposés à la fois comme les héritiers de la plus pure tradition et les chefs de file d’une nouvelle vague de koraïstes virtuoses.


Lien en rapport: Leur page Myspace

Ecoutez Ballake Sissoko et Vincent Segal:



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